Échecs & Plateaux

Jeux de plateau, jeux de cartes et parties qui durent

Concept, expliquer un mot sans jamais le prononcer

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Pas un mot, pas un mime, pas un dessin : à Concept, on explique un mot en posant des pions de couleur sur des icônes imprimées sur un grand plateau. Le principe, imaginé par les Français Alain Rivollet et Gaëtan Beaujannot, a été publié en 2013 par l’éditeur Repos Production, avant de rencontrer un succès rapide dans les ludothèques et les soirées jeux.

Le principe : des icônes à combiner plutôt que des mots

Le plateau de Concept affiche des dizaines de petites icônes classées par catégories — couleur, taille, lieu, émotion, personnage, action — que les joueurs combinent en y posant des pions pour construire, visuellement, la définition du mot à deviner. Pour évoquer un animal, on pourra par exemple combiner l’icône « vivant », l’icône « quatre pattes » et un pion de couleur indiquant une caractéristique précise, sans jamais recourir à un seul mot ni à un dessin figuratif. Les autres joueurs proposent leurs hypothèses au fur et à mesure que la combinaison se précise. Un petit pion en forme d’ampoule permet même de valider une hypothèse en cours de route, sans révéler encore le mot exact, ce qui encourage le joueur qui explique à affiner sa combinaison plutôt qu’à tout miser sur une seule tentative.

Chaque partie se joue en équipe ou en individuel, selon le nombre de joueurs présents, et le plateau reste identique d’une manche à l’autre : ce sont les mots à deviner, piochés sur des cartes séparées et classés par niveau de difficulté, qui varient. Un mot facile comme « chat » peut se combiner en deux ou trois icônes ; un mot plus abstrait comme « liberté » demande souvent une construction plus longue, mêlant plusieurs catégories d’icônes pour cerner une idée qui n’a pas de représentation visuelle évidente.

Cette contrainte du silence total change la nature de la devinette : elle ne repose plus sur l’expression corporelle, comme dans un jeu de mimes, ni sur le talent de dessinateur, mais sur la capacité à décomposer un mot en une suite d’idées simples et à les traduire en symboles déjà présents sur le plateau.

Pourquoi ce jeu marche aussi bien en famille qu’entre amis

Concept a l’avantage de ne demander aucune compétence particulière — ni vocabulaire étendu, ni dextérité au dessin, ni aisance à l’oral — ce qui en fait un jeu accessible à un enfant qui commence tout juste à lire les icônes comme à un adulte plus expérimenté. La difficulté peut se moduler simplement en choisissant des mots plus ou moins abstraits à faire deviner, ce qui permet d’ajuster une partie à l’âge et au niveau des joueurs présents autour de la table, à la différence de certains jeux de cartes aux règles plus figées. Il fonctionne aussi bien en petit comité qu’en grande tablée, puisque rien n’empêche de laisser plusieurs joueurs collaborer ensemble sur une même combinaison, ce qui en fait un jeu naturellement adapté à un mélange d’âges et de niveaux autour de la même table.

Selon la fiche que Wikipédia consacre au jeu, Concept a été traduit dans plusieurs dizaines de langues depuis sa sortie, le plateau d’icônes universelles se prêtant particulièrement bien à l’export international.


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