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Jeux de plateau, jeux de cartes et parties qui durent

Le Tarot français, un jeu à cinq siècles d’âge

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On confond souvent le Tarot de jeu et le tarot divinatoire, alors que les deux pratiques n’ont, historiquement, qu’un point commun : le jeu de cartes lui-même. Le premier a précédé le second de plusieurs siècles, et c’est bien en tant que jeu que le tarot a d’abord existé.

Un jeu de cartes avant d’être un outil de divination

Les plus anciens jeux de tarot apparaissent en Italie du Nord au XVe siècle, sous forme de jeux de cartes à quatre couleurs enrichis d’atouts illustrés — les fameux arcanes. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que ces mêmes cartes commencent à être détournées à des fins divinatoires, un usage qui n’a rien à voir avec la pratique du jeu de plis pour lequel elles avaient été conçues. En France, le jeu de tarot se répand à partir du XVIe siècle et se stabilise, au fil des siècles suivants, autour d’un jeu de 78 cartes et d’une pratique à quatre joueurs, encore largement répandue aujourd’hui. Le jeu utilisé, appelé tarot nouveau, se distingue des tarots italiens d’origine par ses vingt-et-une cartes d’atout numérotées et son excuse, une carte à part qui échappe à la couleur comme à la hiérarchie habituelle — c’est elle qui, détournée de son usage ludique, deviendra plus tard « le Mat » dans les jeux de tarot divinatoire.

Le principe des annonces et du chien

Au début de chaque donne, les joueurs enchérissent sur la difficulté qu’ils pensent pouvoir surmonter — une annonce plus ambitieuse rapporte davantage de points si elle réussit, mais en coûte davantage en cas d’échec. Le joueur qui remporte les enchères devient le preneur et joue seul contre les trois autres. Il peut, selon l’annonce choisie, récupérer le chien — un petit tas de cartes écartées en début de partie — pour améliorer son jeu avant de l’écarter à nouveau. Cette mécanique du chien, propre au tarot français, n’existe pas dans les autres formes de tarot pratiquées ailleurs en Europe.

Le comptage des points se fait ensuite en fonction du nombre de cartes gagnées en levées et de la présence des trois atouts les plus précieux du jeu, appelés les bouts, qui pèsent lourd dans le score final. Un joueur qui prend seul contre les trois autres et parvient malgré tout à réunir la majorité des points remporte une donne particulièrement valorisée, ce qui pousse les preneurs les plus audacieux à annoncer des contrats risqués plutôt qu’à jouer la prudence.

Un classique qui traverse les générations

Contrairement à un jeu de plateau qui se joue rarement plus d’une heure, une partie de tarot peut s’étirer sur toute une soirée, enchaînant les donnes pour équilibrer les scores entre les quatre joueurs. Cette capacité à occuper une longue soirée sans lasser explique en partie pourquoi le tarot reste, aujourd’hui encore, un rituel régulier dans de nombreuses familles françaises, transmis d’une génération à l’autre autant par la pratique que par les règles écrites. Beaucoup de joueurs racontent avoir appris les annonces et le rôle du chien en observant, enfants, une table d’adultes jouer sans toujours en comprendre chaque règle, avant de s’y mettre eux-mêmes une fois les bases mémorisées par la seule répétition.

Selon l’article que Wikipédia consacre au jeu, le tarot français à quatre joueurs reste aujourd’hui l’une des variantes de tarot les plus pratiquées en Europe, aux côtés de versions à trois ou cinq joueurs moins répandues.


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