Échecs & Plateaux

Jeux de plateau, jeux de cartes et parties qui durent

Le 6 qui prend !, le jeu de Wolfgang Kramer imaginé en 1994

Avatar de Élisa Vernhes-Kerbiriou

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Cent quatre cartes numérotées de 1 à 104, chacune ornée d’un nombre plus ou moins grand de petites têtes de bœuf, et une règle qui tient en une poignée de phrases : c’est tout ce qu’il faut pour jouer au 6 qui prend !, imaginé par le concepteur allemand Wolfgang Kramer et publié en 1994.

Le principe des rangées et des têtes de bœuf

Chaque joueur choisit une carte en secret, puis toutes les cartes sont révélées et posées, dans l’ordre croissant, sur l’une des quatre rangées déjà en jeu — toujours à la suite de la carte immédiatement inférieure présente sur le plateau. Dès qu’une rangée atteint sa sixième carte, le joueur qui l’a complétée doit la ramasser tout entière, et chaque tête de bœuf imprimée sur ces cartes vient s’ajouter à son total de points, qu’il vaut mieux garder le plus bas possible. Si la carte jouée est plus petite que toutes celles déjà présentes en tête de rangée, le joueur doit choisir lui-même quelle rangée ramasser intégralement.

Pourquoi la tension monte à chaque carte posée

Ce qui rend le 6 qui prend ! si particulier, c’est que la décision se prend à l’aveugle : chaque joueur pose sa carte sans savoir ce que les autres ont choisi, et découvre parfois avec inquiétude que sa carte, pourtant jouée avec prudence, vient compléter une rangée déjà chargée de têtes de bœuf. Cette part d’incertitude, combinée à un calcul assez simple des valeurs à éviter, crée un jeu où l’on peut voir venir la catastrophe sans toujours pouvoir l’empêcher, ce qui explique les éclats de rire — ou les soupirs — qui accompagnent chaque révélation de cartes.

Le jeu se joue en plusieurs manches, jusqu’à ce qu’un joueur atteigne un seuil de points fixé à l’avance ; celui qui a le score le plus bas à ce moment-là remporte la partie, ce qui inverse la logique habituelle d’accumulation que l’on retrouve dans la plupart des jeux de plateau classiques.

Un classique discret des soirées jeux

Sa règle courte et son matériel réduit à un simple jeu de cartes en ont fait un titre facile à emporter et à ressortir régulièrement, sans jamais nécessiter l’installation d’un plateau ou de pions. Selon l’article que Wikipédia consacre au jeu, le 6 qui prend ! a depuis donné naissance à plusieurs variantes et déclinaisons, sans que le principe des rangées de six cartes n’ait jamais été remplacé par un autre système.


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