Peu de jeux de plateau peuvent revendiquer une histoire aussi longue que le jeu de l’oie. Sa trace la plus ancienne remonte à la Florence de la fin du XVIe siècle, où la tradition situe sa création dans l’entourage de la famille Médicis, avant que le jeu ne traverse rapidement l’Europe entière.
Une origine italienne puis française
Selon les sources historiques les plus citées, le jeu aurait été offert par François Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, au roi d’Espagne Philippe II vers 1580, sous la forme d’un parcours en spirale ponctué de cases représentant des oies. Le succès du jeu se propage très vite : il est déposé au registre des libraires de Londres dès 1597, imprimé en France autour de l’an 1600, puis mentionné dans les cours d’Europe centrale au début du XVIIe siècle. Cette diffusion rapide, à une époque où les idées voyageaient lentement, témoigne du succès immédiat que le principe a rencontré auprès des joueurs de toutes les cours européennes. Chaque pays qui adoptait le jeu y ajoutait ses propres illustrations et ses propres cases pièges, tout en conservant le principe du parcours en spirale numéroté, ce qui a permis au jeu de s’adapter à des contextes culturels très différents sans jamais perdre son mécanisme fondateur.
Le principe de la course aux cases à événements
Chaque joueur avance ses pions sur un parcours en spirale numéroté, selon le résultat d’un lancer de dés, jusqu’à atteindre la case finale. Certaines cases accélèrent la progression — les cases représentant une oie renvoient à une nouvelle avancée — tandis que d’autres la ralentissent ou l’interrompent : le puits qui immobilise le joueur jusqu’à ce qu’un autre vienne l’y rejoindre, la case de la mort qui renvoie au tout début du parcours, ou le labyrinthe qui fait reculer. Cette alternance de bonnes et de mauvaises surprises, réglée uniquement par le hasard des dés, ne demande aucune stratégie particulière, ce qui a beaucoup compté dans sa diffusion auprès d’un public très large, y compris parmi ceux qui ne savaient pas lire. Le nombre soixante-trois, case de l’arrivée dans la version traditionnelle, occupe une place particulière dans le parcours : l’atteindre exactement est nécessaire pour gagner, et un lancer qui dépasserait ce total oblige généralement à reculer d’autant de cases, ce qui ajoute un dernier suspense au moment où la victoire semblait pourtant acquise.
Pourquoi il reste un premier jeu de plateau pour toute la famille
L’absence totale de décision stratégique fait du jeu de l’oie un cas particulier parmi les classiques de plateau : contrairement à des jeux de cartes qui demandent d’anticiper ou de mémoriser, ici tout repose sur le dé, ce qui met exactement à égalité un enfant qui découvre le jeu et un adulte qui y joue depuis toujours. Cette simplicité radicale explique pourquoi il continue, plus de quatre siècles après sa création, à servir de tout premier jeu de plateau dans de nombreuses familles, souvent décliné sur des thèmes différents sans que le principe du parcours en spirale n’ait jamais changé.
Selon l’article que Wikipédia consacre au jeu, le jeu de l’oie est aujourd’hui considéré comme l’un des plus anciens jeux de parcours encore pratiqués sous une forme proche de sa version d’origine.




