Échecs & Plateaux

Jeux de plateau, jeux de cartes et parties qui durent

Le jacquet, le cousin français du backgammon

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À première vue, le jacquet ressemble au backgammon anglo-saxon : un plateau divisé en flèches triangulaires, des pions à faire avancer, des dés pour déterminer les déplacements. Ce jeu de dés et de pions, répandu de longue date dans les cafés français, s’en distingue pourtant par plusieurs règles qui changent la façon dont se joue une partie. Les deux jeux appartiennent à la même grande famille du trictrac, un ensemble de jeux de parcours à dés et à pions pratiqués en Europe depuis des siècles, mais chaque pays y a ajouté ses propres variantes au fil du temps, au point que jacquet et backgammon ont fini par constituer deux traditions bien distinctes.

Les règles de ce jeu de dés et de pions

Chaque joueur dispose de quinze pions qu’il doit faire parcourir le plateau, flèche après flèche, selon les valeurs indiquées par deux dés lancés à chaque tour, avant de les sortir une fois qu’ils ont atteint le dernier quart du parcours. Un pion isolé sur une flèche peut être capturé par l’adversaire, ce qui le renvoie au tout début du parcours et lui fait perdre le chemin déjà accompli. La partie se termine dès qu’un joueur a réussi à sortir la totalité de ses quinze pions du plateau, dans l’ordre imposé par le sens de circulation qu’il lui a été attribué. Un double, obtenu lorsque les deux dés affichent la même valeur, permet de jouer quatre déplacements au lieu de deux, ce qui peut accélérer considérablement la sortie des pions ou, au contraire, offrir l’occasion de regrouper une position jusque-là dispersée sur le plateau.

Ce qui le distingue du backgammon anglo-saxon

La différence la plus marquante tient à la position de départ des pions : au jacquet, les quinze pions de chaque joueur démarrent regroupés sur une seule flèche, alors qu’au backgammon ils sont répartis dès le début sur plusieurs points du plateau. Cette disposition initiale change complètement le rythme des premiers tours, puisqu’au jacquet il faut d’abord disperser ses pions avant de pouvoir avancer efficacement, quand le backgammon permet une progression plus immédiate. Le jacquet se joue également sans le cube de doublement qui caractérise les parties de backgammon disputées en argent, ce qui en fait, dans sa version française traditionnelle, un jeu tourné vers la seule tactique de déplacement plutôt que vers la mise.

Un classique des cafés français

Comme la Belote, le jacquet a longtemps occupé une place de choix sur les tables de bistrot, où deux joueurs pouvaient s’affronter en quelques manches rapides entre deux services. Cette pratique de comptoir, transmise de génération en génération plutôt que codifiée dans un seul ouvrage de référence, explique la persistance de variantes locales sur certains détails de règles, sans que le principe général du jeu n’ait jamais vraiment changé depuis des décennies. Selon l’article que Wikipédia consacre au jeu, le jacquet reste aujourd’hui considéré comme une variante française du trictrac, la famille de jeux de dés et de pions dont descend également le backgammon.


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